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Mercredi 1er janvier, 19h30, nos invités reprennent leur voiture pour regagner leur île.

Une heure plus tard, notre aîné est envoyé pour fermer la grille à clefs, comme chaque soir.

Vers 21h00, un autre fils vient me trouver dans la pièce d'à côté pour me dire qu'une personne frappe à la porte... panique de notre part car la porte de la maison n'est accessible que lorsque la grille est ouverte et nous savons bien qu'elle est fermée...

Je me dirige vers la porte qui est en partie vitrée mais il fait noir et je n'y vois rien, et là une personne voyant mon air apeuré me dit "N'ayez-pas peur!" et s'approche plus de la vitre afin que je vois son visage, et là, soulagement, je connais cette personne de vue; c'est un agriculteur. J'ouvre. Dehors, le vent souffle par fortes raffales et la pluie tombe à verse.

Cette personne m'explique qu'elle habite à qq kms de chez nous et que son troupeau de génisses s'est sauvé et qu'une partie (17 quand même) s'est réfugiée chez nous, et me demande s'il peut laisser ses bêtes pour la nuit. Je ne sais que répondre et appelle mon mari à la rescousse. Nous sortons tous équipés de Barbour et bottes étudier la situation.

Le troupeau est au fond du parc et bénéficie de l'éclairage public (qui s'éteind tous les soirs à 22h30) et se déplace d'un endroit à l'autre tel une vague déferlante. Les animaux sont affolés par la tempête et se sentent perdus.

L'agriculteur aidé de nombreux autres de ses collègues (qui l'avaient aidé depuis un bon moment déjà à localiser la vingtaine de génisses en fuite disséminée un peu partout dans la campagne et le bourg) installe des cordes attachées aux arbres pour créer une sorte de clôture (même pas électrifiée) et nous demande de laisser les lumières extérieures de la maison allumées toute la nuit afin que les génisses voient la corde. Finalement, le maire, après un coup de téléphone passé, laissera l'éclairage public toute la nuit.

L'agriculteur apporte avec son Manitou des bottes de foin afin de nourrir son bétail et qu'il n'aille pas brouter mes jeunes plantations (ce qui était ma plus grande crainte).

Après des rondes toute la nuit à tour de rôle par les agriculteurs, pour vérifier que tout va bien, le jour se lève, et dans la matinée, après avoir récupéré dans divers endroits les autres membres du troupeau qui s'étaient dispersés dans le bourg et qui avaient été hébergés dans d'autres fermes, 4 agriculteurs arrivent pour récupérer les 17 génisses. Il leur aura fallu près de deux heures pour y parvenir, et même en parquant les bêtes dans un couloir fait de cordes les menant à la bétaillère, même avec l'aide d'un chien, elles n'en faisaient qu'à leurs têtes, s'approchant, pour reculer ensuite, tel un ballet de danseuses, la grâce en moins peut-être.

La solution fut finalement trouvée et je vis de mes fenêtres, 3 vaches laitières d'un bon gabarit, à la fois en hauteur et en largeur, l'arrière-train couvert de boue (contrairement aux génisses d'un beige immmaculé), arriver dans le couloir fait de cordes, rejoindre les génisses, puis à l'appel de l'agriculteur, ordonner aux "jeunes adolescentes" (c'est le terme employé par l'agriculteur) de les suivre. Et tout ce petit monde finit par quitter notre terrain pour prendre la direction d'une ferme plus loin avant de monter par petits groupes dans la bétaillère rejoindre leur stabulation dont elles avaient dégondé la porte.

L'agriculteur téléphona ensuite plusieurs fois pour s'excuser et revint constater les dégâts: heureusement pas d'arbustes ou plantations arrachés (c'est déjà ça) mais des allées qui sont devenues des champs de boue et même toutes les parties en herbe sont creusées des pas des génisses s'étant enfoncées dans l'herbe gorgée d'eau.

L'agriculteur va réparer les dégâts causés par ses animaux. Il va falloir passer le rouleau sur l'herbe et les allées pour aplanir le sol, semer du gazon là où ce n'est plus que de la boue, remettre du gravier puis du sable dans les allées... mais ce ne sera possible qu'en début de printemps si le temps le permet.

Heureusement pas d'accident routier causé par les génisses et c'est là le principal.

La question restée en suspens fut: "Mais par où étaient entrées les génisses?" à laquelle une seule réponse s'offrait quoique non satisfaisante: par une route qui borde le terrain sans grillage élevé (là où 2 maronniers sont récemment tombés (l'un sur la route, heureusement pas de voitures passant à ce moment-là et l'autre abattu par précaution car il menaçait de faire de même))avec quand même un ruisseau et un talus à franchir... mais un troupeau de 17 bêtes laissent des trâces sur les branchages entreposés pour éviter des franchissements inoppinés.

J'ai fini par trouver la réponse: les animaux avaient dû pénétrer chez nous soit avant le départ de notre famille, soit entre le moment de leur départ et de la fermeture de la grille, et nous n'avions rien vu car il faisait déjà noir.

Je vous souhaite à toutes une très belle année 2014!

La sortie finale en images:

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